MIDI-LIBRE - Edition du 08 Mai 2004

 

Nicolas d'Andoque : « Mon problème, c'est la sécurité »

« Je défends mon massif, un point c'est tout. Le reste ne m'importe pas », clame haut et fort Nicolas d'Andoque, propriétaire de l'abbaye de Fontfroide et désigné « ennemi numéro un » du parc éolien de Couloubret par ceux qui défendent l'installation de ce projet à Portel.

(Midi Libre d'hier). Un projet auquel le préfet, suite à une enquête d'utilité publique aux allures de réquisitoire, a mis un veto. Pourtant, un rapport d'un huissier de Lézignan déposé à la subdivision de la DDE de Sigean atteste que les aérogénérateurs ne sont pas visibles de l'abbaye.

Dimanche matin, les pro-éolien ont prévu de faire le siège devant l'abbaye et d'y organiser un pique-nique contestataire. Une manière pour eux de se compter et de donner le premier temps fort à leur action.


« Je les attendrai avec un vin blanc de Fontfroide pour leur préparer un pot d'honneur, indique avec sérénité Nicolas d'Andoque. Il faut savoir raison garder. Mon problème, c'est la sécurité du massif. Et aussi le souci d'esthétisme. Une fois les éoliennes montées, si un incendie se déclare, comment interviendront les moyens de lutte aérienne ? J'ai posé la question au maire de Portel, au commissaire enquêteur, et la société SIIF Energies du Midi. Mes courriers l'attestent et je peux les montrer. Je n'ai reçu aucune réponse ».


Et d'ajouter : « On m'avait promis de faire des études sur ce point. Il n'y a toujours rien à ma connaissance. Au moins, dimanche, je pourrai rencontrer le maire de Portel-des-Corbières et parler de toutes ses préoccupations ».


Si Nicolas d'Andoque prête à la manifestation de dimanche des pro-éolien « un caractère folklorique », il se garde bien d'entrer dans la guerre opposant les partisans et les détracteurs du projet. « Cela ne m'intéresse pas. Cette affaire de projet éolien, je la résume à une simple histoire de fric. Ce sont des débats financierspour permettre de construire une école ou faire une station d'épuration ». Pour lui, « si on prenait les choses différemment, on pourrait mieux avancer car Fontfroide doit rester un poumon aux portes de Narbonne afin que chacun puisse en profiter tel qu'il est ».

      Edition du 10 Mai 2004